Le prix attractif et les fonctionnalités en ligne de la console de Sony séduisent les consommateurs, malgré un catalogue de jeux qui peine encore à convaincre.

Dix millions de vente au public en neuf mois de commercialisation. Dévoilés lors de l'ouverture du salon européen Gamescom, les chiffres de Sony confirme l'excellente forme de sa nouvelle console de salon, la PlayStation 4. «C'est le meilleur lancement de l'histoire de nos consoles», affirme fièrement le constructeur japonais.

Ce dernier n'est pas prophète en son pays: au Japon, la machine dépasse à peine les 650.000 ventes et s'écoule actuellement moins bien que sa prédecesseur, la PlayStation 3. Mais Sony a pu compter sur l'appétit de nouveautés des autres marchés, avec pour locomotive l'Europe et les Etats-Unis. En dépit d'un catalogue de jeux pour le moment assez faible -peu d'exclusivités, jeux déjà disponibles sur PlayStation 3 et Xbox 360, remake d'anciens succès-, la console s'y est arrachée, provoquant des ruptures de stock durant de longues semaines.

La popularité de la PlayStation 4 s'explique par son prix attractif (399 euros), ses fonctions multimédia (lecteur BluRay, VOD, Netflix) et ses fonctionnalités en ligne, conformes aux attentes de la jeune génération. En une pression de bouton, les joueurs peuvent diffuser leurs exploits en direct sur Internet et, dès cet automne, les mettre en ligne sur YouTube. Ils pourront aussi bientôt faire appel à un ami s'ils sont coincés dans un jeu. Ce dernier pourra, via Internet et pendant une heure maximum, prendre le contrôle de la partie, même s'il ne possède pas le jeu en question.

La plupart de ces options requiert un abonnement au service PlayStation +, facturé 50 euros par an. Une manne financière qui dope la branche jeu vidéo de Sony, longtemps déficitaire. Cette dernière devrait dégager un profit de 25 milliards de yens cette année (182 millions d'euros).

La Xbox One à la traîne

Ces chiffres contrastent avec ceux de la rivale de la PlayStation 4, la Xbox One. La section jeu vidéo de Microsoft devrait afficher des pertes de 400 millions de dollars (300 millions d'euros) cette année, faute de ventes suffisantes pour compenser les dépenses du lancement. L'entreprise, discrète depuis plusieurs mois sur les performances de sa nouvelle console, indique avoir écoulé dans le commerce 1,1 million de Xbox One et Xbox 360 entre avril et juin, contre 3,5 millions pour la PlayStation 3 et 4 sur la même période. Microsoft parie cependant sur la récente baisse de prix de la Xbox One, passée à 399 euros sans la caméra Kinect, et sur l'annonce de l'exclusivité - temporaire - du nouvel épisode de la saga Tomb Raider pour relancer l'intérêt des consommateurs. L'arrivée en septembre de la Xbox One en Chine, un marché où Sony n'est pas encore présent, devrait aussi lui permettre de rattraper son retard.

Sony entend lui imposer sa marque dans tous les salons via son boîtier PlayStation TV, disponible en Europe le 14 novembre pour 99 euros. Cet appareil permet d'accéder à des services de VOD, de télécharger des centaines de jeux (PSP, Vita, PlayStation 1) mais aussi d'utiliser sa PlayStation 4 sur une autre télévision du foyer, sans avoir besoin de la débrancher. À terme, le boîtier servira également à utiliser le service PlayStation Now, actuellement en test aux Etats-Unis et prévu pour 2015 en Europe. Il permettra de jouer en streaming à des jeux PlayStation 3 sans avoir besoin de posséder de console.

Source: lefigaro.fr