l’opérateur russe vimpelcom a racheté lundi 4 octobre la majorité d’orascom telecom. Cette fois, le gouvernement algérien ne s’est pas opposé à la transaction. Au début de l’année, les négociations entre orascom telecom et le sud-africain mtn avaient échoué après que le gouvernement algérien a brandi le droit de préemption sur djezzy, filiale algérienne de l’opérateur égyptien.

Cette fois, les choses ont été différentes. D’abord, d’un point de vue légal, la marge de manœuvre du gouvernement algérien était étroite. L’opération ne portait pas directement sur orascom telecom mais sur sa maison mère, l’italien weather investments, propriété de naguib sawiris. C’est en effet à travers weather que m. Sawiris est actionnaire d’orascom telecom, maison mère de djezzy. Comme l’explique un spécialiste en fusions-acquisitions interrogé par tsa, « l’opération s’est déroulée deux étages au-dessus de djezzy. Théoriquement, djezzy n’a pas changé de mains. C’est le fonds qui détient sa maison mère orascom telecom qui changé de mains ».

Un peu compliqué. Mais le gouvernement peut dire merci à celui qui a imaginé un tel scénario. Le dossier djezzy était en effet très mal engagé. Le gouvernement avait pris les choses un peu à la légère. Il ne s’est même pas entouré de cabinets d’avocats internationaux capables de le conseiller sur un dossier aussi délicat. « devant un tribunal d’arbitrage international, il n’aurait pas été très difficile de prouver que djezzy a été victime d’un acharnement », reconnaît un expert algérien.

Mais il n’y avait pas que le risque d’une confrontation devant un tribunal. Une source proche de la présidence reconnaît : « nous ne savons pas vraiment gérer un opérateur télécom. Si c’était le ciment ou la sidérurgie, on aurait pu le garder ». L’algérie prenait le risque de débourser quelques milliards de dollars pour acquérir un opérateur qui pourrait au mieux connaître le même sort que mobilis. Ce dernier, filiale d’algérie télécom, est l’un des rares opérateurs historiques au monde à ne pas être leader sur son propre marché. Pire : Jusqu’à 2009, il ne dégageait pas de bénéfices ni de cash.

Aujourd’hui, le scénario le plus plausible semble être le suivant : L’algérie conservera 51% de djezzy et confiera 49% à vimpelcom qui assurera également le management. De tous les points de vue, un tel scénario est intéressant. Une issue qui arrange les affaires de tout le monde.
(s/tsa)