La guerre satellitaire a commencé entre Al Jazeera et certains pays arabes. Selon la chaîne qatarie, le brouillage de la retransmission par sa chaîne sportive de la Coupe du monde de football en juin dernier avait pour «origine la Jordanie» et a indiqué qu’elle allait demander des comptes à Amman. Mais il n’a jamais été avéré que les Jordaniens seraient liés directement à ce brouillage. L’information rapportée dans un premier temps par le quotidien britannique The Guardian avait indiqué que «l’origine du mystérieux brouillage de la retransmission par la chaîne Al Jazeera Sport du Mondial, a pu être retracée jusqu’à la Jordanie qui semble avoir réagi avec colère après l’échec d’un accord qui aurait pu permettre aux supporters de football d’avoir un accès gratuit aux matchs». The Guardian a affirmé avoir eu accès à «des documents secrets» selon lesquels le brouillage a été effectué à partir de la région de Salt, au nord-est d’Amman. Il citait des experts selon qui, le brouillage «n’aurait probablement pas pu avoir lieu sans que les autorités jordaniennes en aient eu connaissance», ajoutant qu’il était «très sophistiqué». D’autres experts cités par Al Jazeera affirment que la Jordanie ne dispose pas de la technologie pour brouiller ce genre de liaison satellite. Amman a aussitôt nié toute responsabilité dans cette affaire. L’enquête a été menée par «des experts internationaux et des organismes indépendants», a expliqué le directeur général d’Al Jazeera Sport, Nasser Ghanim Al-Khelaifi. M.Khelaifi, qui s’exprimait sur la chaîne, s’est dit «surpris du fait que le brouillage soit venu du monde arabe, et de la Jordanie en particulier». La chaîne avait alors accusé «des parties» qu’elles n’avaient pas identifiées de brouiller ses émissions retransmises à partir des deux satellites arabes, Nilesat et Arabsat, basés en Egypte, et affirmé qu’il s’agissait d’un acte «de sabotage». Selon le responsable jordanien, Amman avait approché Al Jazeera avec «une offre d’achat de ces droits près de quatre mois avant le début de la Coupe du monde». Mais la chaîne «a demandé, quatre jours avant le coup d’envoi, 8 millions de dollars pour les droits de diffusion de 20 matchs de son choix et plus de 50.000 dollars pour la diffusion (des matchs, Ndlr) sur chaque écran géant placé dans des zones défavorisées» de Jordanie, a-t-il poursuivi. Le gouvernement a rejeté l’offre, la jugeant «trop tardive» et estimant que «les matchs proposés par Al Jazeera ne justifiaient pas ce prix». Mais le Royaume a «maintenu une relation professionnelle avec Al Jazeera» et «respecté la confidentialité des négociations». D’autres sources avancent (sans preuves) que ce sont des agents israéliens du Mossad, qui seraient derrière les brouillages des ondes de la chaîne sportive qatarie. Il n’y a qu’en Jordanie que les agents du Mossad sont le plus libres pour accomplir leur mission, affirme un expert en IT. Ce brouillage nécessite aussi une complicité avec les agents d’entretien des satellites Nil Sat et Arab Sat. Cette guerre des satellites, a fait créer un véritable front composé des Egyptiens, des Jordaniens et Israéliens, contre la chaîne qatarie, Al Jazeera Sport, afin également de lui faire perdre son emprise sur le marché audiovisuel du Moyen-Orient. Enfin, il faut surtout préciser que la Jordanie et l’Egypte, sont les deux seuls pays arabes qui disposent de mission diplomatique de l’Etat hébreu sur leur sol.
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Amira SOLTANE

http://www.lexpressiondz.com/chron/2...02/3/3577.html
http://www.guardian.co.uk/media/2010...rld-cup-jordan