Après IBM et HP, Dell a également entamé sa révolution culturelle pour présenter un visage moins marqué par les solutions d'infrastructures. Ses récents rachats lui permettent en effet d'afficher une physionomie beaucoup plus logicielle.

Pour son Technology Camp 2013 qui accueille journalistes, clients et partenaires ce 31 janvier à Amsterdam, Dell a réaffirmé sa feuille de route pour les années à venir : le logiciel est la prochaine étape dans l'évolution de la compagnie texane. Après une boulimie d'acquisitions, près de 12 milliards de dollars en deux ans, la firme affiche un nouveau visage. Grâce aux rachats de Quest, Gale Technologies, Kace, SonicWall ou encore SecureWorks, elle génère déjà 1,5 milliard de dollars de revenu dans le software avec 1600 ingénieurs et 100 000 clients. Comme l'a souligné Aongus Hegarrty, président de Dell EMEA, le marché est porteur et Dell affûte ses solutions.

L'acquisition de Gale Technologies a ainsi permis au Texan de gagner près de trois ans pour le lancement ce jour d'Active System Management 7.0, un outil d'administration destiné à faciliter le déploiement et la gestion d'applications dans une architecture virtualisée. Positionner sous des solutions du type OpenView ou Tivoli, Active System Management repose sur le moteur de Gale Technologies pour accompagner la croissance des datacenters et mieux gérer les VM et leurs applications. « Certains logiciels ne sont pas très performants dans un environnement dans un environnement virtualisé ou les clients ne veulent pas le faire. Avec Active System Mangement 7.0, nous leurs proposons de garder le contrôle de leurs applications virtualisées ou pas », nous a expliqué Tony Parkinson, vice-président EMEA de l'activité Enterprise Solution chez Dell. Active System Management 7.0 est attendu au second trimestre 2013 en Europe, Dell préférant assurer le lancement américain avant d'arriver en Europe.

Croissance organique privilégiée dans les services

Interrogé sur l'opportunité d'acquérir une SSII européenne pour assurer la croissance de l'activité services de Dell, le dirigeant nous a répondu que ce n'était plus d'actualité depuis le rachat de Quest. « Nous allons grandir organiquement sur les services et travaillons avec nos partenaires pour accompagner nos clients sur leurs projets. Nous maitrisons parfaitement certaines technologies, notamment celle de Microsoft et ferons appel à des consultants extérieurs quand ce sera nécessaire ». Pour son activité cloud en France, Dell va poursuivre son partenariat avec Quadria sur des solutions vCloud - la partie PaaS reposant sur CloudFoundry - et n'envisage pas d'installer un datacenter dédié comme en Grande-Bretagne. « Même au Royaume-Uni, nous travaillons avec des fournisseurs de services cloud, nous ne voulons pas nous couper de nos partenaires », nous a assuré M. Parkinson. En France, les contrats cloud semi-privés chez Quadria sont directement gérés par Dell.

La compagnie a également profité sa journée néerlandaise pour annoncer sa certification HANA, la base de données en mémoire de SAP. Cheval de Troie de l'éditeur allemand pour bouter les SGBD d'Oracle, HANA peut être livré pré-intégré sur la plate-forme Dell (serveurs, stockage et réseau) dans des configurations allant de 1 à 4 To. Pour conclure, nous a avons bien sûr demander aux dirigeants de Dell si la compagnie allait sortir du Nasdaq dans les semaines à venir et à chaque fois la réponse a été la même : un sourire, mais pas de commentaires.
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